Un rendez-vous à l’ambassade de France en Haïti ne relève pas du miracle. Pourtant, l’idée circule, tenace, qu’obtenir ce précieux sésame tient plus du parcours d’obstacles que d’une simple formalité administrative. Si le contexte est tendu et les places rares, il existe des chemins précis pour maximiser ses chances, à condition de s’armer de méthode et de patience.
Transport de marchandises : la circulation des biens reste possible partout où elle est permise, sauf exceptions imposées par certains pays. Les règles peuvent varier rapidement, mais le principe demeure : tant que rien ne l’interdit, les mouvements de marchandises se font sans restriction particulière.
Transit : que ce soit en voiture ou via l’aéroport, le transit reste autorisé lorsque les autorités locales le tolèrent. En voiture, les arrêts doivent être réduits au minimum, avec une vigilance accrue sur les mesures de prévention sanitaire. Les protocoles locaux priment toujours : renseignez-vous sur toute contrainte spécifique avant de vous engager. Si vous rencontrez une difficulté majeure, n’hésitez pas à la signaler.
Pour ceux qui voyagent pour affaires, quelques points à ne jamais négliger :
- Vérifiez sans tarder les horaires des vols et les politiques d’annulation auprès des compagnies aériennes. Les règles changent vite, et certaines exigent toujours un test RT-PCR négatif.
- Bien que cela ne soit pas toujours imposé, souscrivez une assurance couvrant les frais médicaux en cas de Covid-19, ainsi que le rapatriement ou le transfert sanitaire. Cette précaution s’ajoute à la couverture prévue pour les risques graves lors de chaque déplacement professionnel.
- Gardez sur vous la preuve de la nécessité du déplacement professionnel : lettre d’invitation, contrat, convocation, tout document justifiant la mission.
- Si un test négatif est demandé à l’entrée d’un pays, faites-le rédiger en anglais et délivrer par un laboratoire agréé, sauf indication contraire du pays de destination.
- Informez-vous sur les mesures sanitaires du pays ciblé : équipements de protection, distances à respecter, couvre-feu éventuel.
- Enregistrez votre déplacement sur la plateforme « Où nous sommes dans le monde » du ministère des Affaires étrangères.
- Vérifiez les règles en vigueur concernant les missions temporaires et les déplacements de salariés à l’étranger.
Italie : Pour les déplacements internationaux, le DPCM du 14 janvier 2021 encadre les entrées et retours en Italie jusqu’au 5 mars 2021. Les destinations sont regroupées en plusieurs listes, chacune avec ses propres modalités d’accès.
Liste A : État de la Cité du Vatican et République de Saint-Marin. Aucun frein sur les allers-retours, ni nécessité d’autocertification.
Liste B : Aucun pays n’y figure actuellement. Si une destination européenne à faible risque est ajoutée, il faudra remplir une déclaration d’entrée en Italie, à signer sur place.
Liste C : Cette liste regroupe une série de pays européens et territoires associés. Les exigences :
- Remplir la déclaration d’entrée en Italie.
- Présenter un résultat négatif à un test (PCR ou antigénique) réalisé dans les 48 heures précédant l’arrivée. Sans ce résultat, 14 jours d’isolement s’imposent.
- Déclarer son entrée à l’ASL compétente, même sans symptôme.
Pour circuler en Italie pendant le couvre-feu nocturne ou dans les zones à restrictions, un modèle unique d’autodéclaration reste valable et doit être présenté aux contrôles si nécessaire.
Liste D : Australie, Japon, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud, Rwanda, Singapour, Thaïlande. Pour ces pays :
- Déclaration d’entrée obligatoire.
- Obligation de rejoindre sa destination finale en Italie uniquement en véhicule privé. Si correspondance aérienne, signaler le code de voyage dans l’autodéclaration.
- Isolement de 14 jours à l’arrivée (voir exceptions éventuelles).
- Déclaration à l’ASL compétente, même sans symptôme.
Même principe : l’autodéclaration unique reste valable lors des contrôles internes.
Liste E : Rassemble tous les pays non mentionnés ailleurs. Le déplacement n’est possible que pour des motifs précis : travail, santé, études, urgence, retour au domicile. Les voyages touristiques sont exclus. Les voyageurs doivent :
- Remplir la déclaration d’entrée en Italie.
- Utiliser uniquement des moyens privés pour atteindre leur destination finale. En cas de correspondance aérienne, inscription du code du document de voyage dans l’autodéclaration.
- Respecter un isolement strict et une surveillance de la santé pendant 14 jours.
- Déclarer l’entrée à l’ASL compétente.
Pour l’ensemble des déplacements en Italie, l’attestation unique d’autodéclaration permet de justifier les trajets lors des contrôles.
- Royaume-Uni : figure dans la liste E, avec des règles spécifiques. Toute personne ayant séjourné ou transité au Royaume-Uni dans les 14 jours précédents ne peut entrer en Italie que si elle y réside officiellement depuis le 23 décembre 2020 ou en cas d’absolue nécessité. L’autocertification est à produire sur demande des autorités.
- Brésil : également sur la liste E, mais soumis à une suspension totale du trafic aérien et à une interdiction d’entrée, sans exception pour l’instant.
Pour certains cas, des exemptions à l’obligation d’isolement existent : par exemple, séjour ou transit en Italie de moins de 120 heures pour motif professionnel, sanitaire ou d’urgence, transit privé de moins de 36 heures, déplacements pour raisons professionnelles avérées, travailleurs frontaliers, membres du personnel navigant, participants à des événements internationaux sous conditions strictes, etc.
- Les équipages et personnels itinérants, les entrées couvertes par des protocoles sanitaires spécifiques, ou certains déplacements pour des événements internationaux peuvent également être dispensés d’isolement, sous réserve de présenter un test négatif récent.
Si des symptômes de Covid-19 apparaissent, l’obligation de signalement à l’autorité sanitaire et le respect de l’isolement s’appliquent à tous, sans exception.
Attention : même lorsque l’Italie autorise un déplacement, le pays de destination peut imposer ses propres restrictions (isolement, tests, etc.). Avant le départ, vérifiez systématiquement les règles en vigueur dans le pays concerné.
Face à des changements réglementaires parfois imprévisibles, il est vivement conseillé de contacter sa compagnie aérienne avant tout départ et de se renseigner sur les règles en vigueur dans les pays de transit.
Pour suivre l’évolution des conditions d’accès pays par pays, la plateforme européenne Re-Open EU propose des informations actualisées sur les restrictions, les tests exigés et les protocoles sanitaires.
Chaque pays d’Europe applique ses propres règles pour l’entrée et le retour : certains imposent des tests PCR ou antigéniques négatifs, d’autres exigent une quarantaine, parfois les deux. Les exceptions sont souvent prévues pour les travailleurs, les transporteurs, les étudiants ou encore les déplacements professionnels dûment justifiés. Par exemple :
- En Belgique, un formulaire PLF doit être rempli avant l’arrivée, avec obligation de test PCR négatif pour les non-résidents venant d’une zone rouge.
- En Croatie, l’accès dépend de la situation épidémiologique du pays d’origine : test PCR obligatoire ou quarantaine selon les cas.
- En Grèce, test PCR négatif en anglais impératif, formulaire de localisation à remplir avant l’arrivée, quarantaine de 7 jours imposée à tous les voyageurs.
D’autres pays, comme le Danemark ou la Finlande, n’acceptent l’entrée que pour des raisons précises, notamment professionnelles, et imposent presque systématiquement un isolement à l’arrivée, modulé selon les résultats des tests. Les autorités locales peuvent imposer des sanctions en cas de non-respect des consignes. L’obligation de s’enregistrer en ligne ou de remplir des formulaires spécifiques est désormais la règle pour de nombreux pays : Allemagne, Lettonie, Lituanie, Suisse, Royaume-Uni…
Pour les territoires hors Europe, chaque destination applique sa propre réglementation, qui évolue souvent très rapidement : couvre-feu, suspension de vols, exigences de tests, isolement obligatoire, motifs limités autorisés pour l’entrée… Un voyageur averti doit impérativement consulter les sites officiels, se préparer à fournir les justificatifs nécessaires et garder une grande souplesse sur ses plans.
En Haïti, par exemple, l’entrée est conditionnée au remplissage d’une déclaration de santé, avec transmission de ses coordonnées. Ni test négatif, ni quarantaine ne sont imposés à l’arrivée, mais la situation peut évoluer sans préavis. Les frontières terrestres avec la République dominicaine restent ouvertes, tout en étant susceptibles de restrictions ponctuelles.
Obtenir un rendez-vous à l’ambassade de France en Haïti, comme partout ailleurs, demande de naviguer dans ce maquis de réglementations mouvantes. Ceux qui anticipent, vérifient, s’informent et documentent soigneusement leur dossier mettent toutes les chances de leur côté. Dans un contexte aussi changeant, la préparation minutieuse et la réactivité sont de véritables alliés, et parfois, la différence entre un refus et une porte qui s’ouvre.

