Je doute qu’aucun d’entre vous ne connaisse Bora Bora. Toujours en tête de liste de souhaits de tous les voyageurs, Bora Bora est l’île des rêves par excellence, où vous séjournez dans des bungalows de luxe sur pilotis et vous laisserez dorloter par des complexes hôteliers, répondant à tous nos caprices. Mais est-ce que Bora Bora est vraiment tout ça ? Dans ce guide DIY de Bora Bora, l’île la plus célèbre et la plus recherchée de Polynésie française, nous allons démystifier les clichés mais aussi voir concrètement comment y arriver. Parce que Bora Bora est un rêve vraiment accessible. Vous pouvez le laisser là, dans votre liste de choses à faire, ou vous pouvez venir avec moi pour découvrir que, dans l’ensemble, ce n’est pas si inaccessible.
Fermez les yeux et…
Difficile d’imaginer un décor plus saisissant : un lagon éclatant de nuances marines, parsemé de motus coiffés de palmiers, et, veillant sur l’île principale, deux silhouettes volcaniques. Le mont Otemanu, pointant à 727 mètres, et le mont Pahia, juste en dessous, dominent le panorama. Selon l’angle, leur profil change, ajoutant du mystère à chaque point de vue. Bora Bora, c’est un festival de couleurs, mais aussi une île vivante, jamais figée.
Un détour par l’histoire de Bora Bora
Pas besoin de remonter aux origines du peuplement polynésien pour comprendre l’esprit de l’île. Découverte au XVIIIe siècle, Bora Bora, tout comme Tahiti, devient un protectorat français à la fin du XIXe siècle, malgré la résistance locale. Mais avant cela, la venue des missionnaires protestants et catholiques bouleverse la culture : les marae, ces lieux sacrés polynésiens, sont détruits, souvent remplacés par des églises construites à la va-vite sur leurs ruines.
Le développement moderne de Bora Bora doit beaucoup à l’intervention américaine.
L’influence de l’US Navy sur l’île
Pendant la Seconde Guerre mondiale, juste après Pearl Harbor, la marine américaine choisit Bora Bora comme base de ravitaillement dans le cadre de l’opération Bob Cat. Accueillis par les habitants, les soldats débarquent 20 000 tonnes de matériaux début 1942. En un peu plus de cinq mois, ils aménagent une piste d’atterrissage, toujours utilisée aujourd’hui, la seule de Polynésie jusqu’en 1961, avant l’ouverture de l’aéroport de Tahiti Faa’a. Ils tracent aussi des routes et installent huit canons navals de 180 mm à des points stratégiques, sept sont encore visibles.
Les plages de Bora Bora : le vrai du faux
Bora Bora attire les regards pour son lagon turquoise. Pourtant, l’île ne propose pas une myriade de plages de sable fin. En réalité, la plage de Matira, au sud de l’île principale, est la seule véritable plage accessible à tous. Elle s’étire le long de la péninsule de Matira, caressée par la mer sur ses deux flancs.
En longeant la côte ouest, une plage publique invite à profiter du lagon jusqu’à l’extrémité de Matira Point. Une route discrète permet d’y accéder sans difficulté. Le versant opposé, en revanche, est privatisé par l’Intercontinental Le Moana Resort puis par une succession de restaurants et hôtels, comme le Maitai Polynesia et le Royal Bora Bora sur la pointe Matira.
Pour découvrir d’autres plages, il faudra passer par les motus, ces îlots coralliens,, mais elles ne sont accessibles qu’aux clients des hôtels qui y sont installés ou lors d’une excursion organisée.
Bora Bora, une île façonnée pour les visiteurs ?
À première vue, on se croirait dans un décor réservé aux touristes. Pourtant, les maisons des habitants partagent l’espace avec les grands hôtels. Au village de Vaitape, la vie locale s’organise autour des magasins, des supermarchés, des food trucks et d’une ambiance authentique, loin des clichés de carte postale.
Bora Bora, territoire des privilégiés ?
On entend souvent que Bora Bora serait l’apanage des riches. Cette idée a la vie dure, car certains prix restent élevés, mais il est faux de croire que l’île est hors de portée pour les voyageurs lambda. Envie de luxe ? Il faudra y mettre le prix. Le rapport qualité/prix dépend surtout du prestige de l’adresse, pas toujours des prestations. Mais il existe bel et bien des astuces pour maîtriser son budget, sur l’hébergement comme sur les repas. La suite du texte y reviendra.
Petit-déjeuner maison sur la terrasse de notre hébergement à Bora Bora : une option économique et conviviale.
Bora Bora, pas seulement la plage et la lune de miel
C’est indéniable, la mer est omniprésente et fascinante. Mais résumer Bora Bora à une enclave pour couples en voyage de noces ne rendrait pas justice à la diversité des expériences à vivre sur place. L’arrière-pays vaut tout autant le détour, tout comme la richesse humaine et l’éventail d’activités, sur l’eau comme sur terre.
Où se trouve Bora Bora ?
Bora Bora trône au cœur des îles Sous-le-Vent, dans l’archipel des îles de la Société, à seulement 45 minutes de vol de Papeete, la capitale. L’île compte un peu moins de 10 000 habitants, dont la plupart vivent à Vaitape. Sa forme particulière, ceinturée de motus de tailles variées, lui vaut le surnom de « plus beau lagon du monde ». Ces motus protègent le lagon des courants marins et offrent un refuge à une faune fascinante.
Le sable des motus est d’un blanc éclatant, le lagon décline des couleurs incroyables. Au centre, le mont Otemanu (727 m) et le mont Pahia (661 m) dominent l’île, offrant un spectacle unique à chaque regard.
Bora Bora n’est pas loin de Maupiti, dont il a déjà été question. Toutes deux sont qualifiées de « presque atolls », situées à mi-chemin entre les atolls plats des Tuamotu et les îles montagneuses comme Tahiti et Moorea. L’unique passe, le col de Teavanui, se trouve à l’ouest.
Quand prévoir un séjour à Bora Bora ?
La Polynésie française bénéficie d’un climat tropical, alternant une saison chaude, humide (novembre à avril) et une saison plus tempérée de mai à octobre. Les cyclones sont possibles entre décembre et avril. La période la plus favorable va de juin à septembre, où l’hiver austral apporte un temps sec. Mais l’eau peut sembler fraîche pour la baignade, et le Maraamu (vent local) peut agiter la mer. Les mois de transition, mai et octobre, sont aussi à envisager. Nous avons choisi octobre : davantage de disponibilité, chaleur et des tarifs plus abordables.
Combien de temps passer à Bora Bora ?
L’île est dynamique mais les coûts sont plus élevés qu’ailleurs en Polynésie. Faute de vols disponibles, nous n’avons pu y rester que 2 nuits. Cela suffit pour profiter du lagon, explorer l’île principale et s’en faire une idée. Quelques jours supplémentaires auraient permis d’approfondir la découverte. Notre arrivée après Maupiti nous a laissés une impression un peu distante, Bora Bora semblant vaste, un peu impersonnelle. Pourtant, en deux jours, nous avons multiplié les allées et venues à Matira, tenté d’explorer chaque recoin, même après notre tour du lagon.
Bora Bora, une beauté à apprivoiser
En si peu de temps, l’île a su dévoiler son authenticité. Partager un repas dans un Caravan aux côtés d’une famille locale, échanger quelques mots, sourire, plaisanter, ici, la barrière s’efface vite. À Pointe Matira, un vieux monsieur, juste avant l’Intercontinental Resort, n’hésite pas à inviter les passants à jouer aux boules ou à raconter l’histoire de son île. Les touristes sont parfois perçus comme distants, mais un simple sourire suffit à briser la glace. Pour ceux qui aiment explorer, une journée de plus permettrait de faire du trekking ou de compléter le tour de l’île, le regret de n’avoir pu le faire reste vif.
Comment rejoindre Bora Bora ?
Le seul moyen de rallier Bora Bora depuis les autres îles est l’avion, via la compagnie Air Tahiti. L’île assure aussi le lien entre les îles de la Société et les Tuamotu. L’aéroport, sur le motu Mute au nord du lagon, est relié gratuitement à Vaitape par un catamaran Air Tahiti pour chaque vol.
À peine descendu de l’avion, les nuances presque irréelles du lagon captent le regard. Le transfert vers Vaitape offre déjà un premier aperçu du relief découpé de l’île.
Pour repartir de Bora Bora
Le départ s’organise simplement : la navette quitte le port de Vaitape pour l’aéroport 90 minutes avant le vol. Les bagages sont pris en charge et transférés sur le catamaran par le personnel. Si vous séjournez sur un motu, c’est votre hôtel qui assurera la liaison en bateau. Il n’existe pas de liaisons maritimes régulières, à part les cargos et les bateaux de croisière qui font escale. Un conseil : au moment de l’enregistrement, pensez à faire tamponner votre passeport au nom de Bora Bora, un petit souvenir à ne pas manquer.
Se déplacer sur l’île
Pour explorer l’île principale, il vous faudra un moyen de transport, surtout si vous n’êtes pas hébergé face à la mer avec tous les repas inclus. La route qui fait le tour de Bora Bora mesure 32 kilomètres ; difficile de s’en passer pour sortir des sentiers battus.
Voitures et scooters
Louer une voiture coûte cher : comptez au moins 100 € par jour. Plus abordable, le scooter : 45 € par jour environ, en réservant à l’avance sur le site d’AVIS puis en récupérant le deux-roues à Vaitape. Avoir un logement avec cuisine s’est aussi révélé très pratique pour faire des courses et explorer l’île à notre rythme. Une agence AVIS est également installée près de Matira Beach.
Vélos et vélos électriques
Autre solution : la location de vélos ou de vélos électriques, prudence toutefois avec la circulation. Nous avons préféré d’autres modes de déplacement, l’île ne s’y prêtant pas toujours.
Les camions
Nous avons enquêté sur le bus local (camions-bus), mais les réponses des habitants sont restées vagues : il serait réservé aux étudiants. Peut-être n’a-t-on simplement pas envie de voir les touristes dans les transports locaux ? Ou alors, simple coïncidence, nous n’en avons pas croisé un seul durant notre séjour.
Où dormir à Bora Bora ?
Si votre budget le permet, le choix parmi les Resorts haut de gamme est vaste. Mais il existe aussi des alternatives abordables, bien plus que ce que l’on imagine.
Quelques repères pour choisir un complexe
L’emplacement
Le choix du lieu est déterminant. Certaines adresses se trouvent sur l’île principale, comme l’Intercontinental ou le Maitai, d’autres sur les motus pour une sensation d’isolement total. Sur l’île centrale, la plage de Matira reste la seule à retenir pour la baignade ; ailleurs, le sable se fait rare.
Sur les motus, fiez-vous aux photos : certains hôtels n’offrent qu’une vue sur l’océan, sans perspective sur l’île centrale (exemple : le Conrad), d’autres donnent sur le lagon, à différents endroits.
Sans surprise, les panoramas les plus spectaculaires de l’île centrale sont réservés aux adresses les plus prestigieuses, comme le Four Seasons ou le St. Regis. Rester ici impose souvent de sacrifier une partie de son budget… ou plus !
L’année de construction
Un point souvent négligé : l’ancienneté du complexe. L’Intercontinental, par exemple, affiche un aspect un peu daté ; c’est l’un des premiers bâtis sur l’île.
Maitai allie situation enviable près de Matira et tarifs relativement accessibles, un bon compromis.
Comment réserver un Resort ?
Pour obtenir les meilleurs tarifs, comparer les offres des tour-opérateurs peut être judicieux, mais pensez à consulter les avis avant de vous décider. Il n’est pas nécessaire de prendre un forfait complet : certaines agences acceptent de ne réserver que l’hôtel, ou de combiner hébergement et vol, selon vos besoins. Plusieurs spécialistes de la Polynésie proposent cette formule, parfois avec une durée minimale de 3 ou 4 nuits.
Logements économiques à Bora Bora
Pour voyager à Bora Bora sans exploser le budget, privilégiez Booking, Airbnb ou contactez directement les propriétaires. Sur l’île principale, on trouve des chambres de 60 à 80 € par nuit, prix modulé selon l’emplacement (la plage de Matira reste la plus recherchée), le standing (appartement, maison polynésienne, bungalow, villa) et le niveau de confort. Moderne ou traditionnel, bien entretenu ou un peu plus simple : tout existe. Les avis et photos sont précieux, mais la propreté reste la norme en Polynésie. En optant pour un appartement avec cuisine, vous pourrez préparer vos repas et limiter les dépenses.
Pensions de famille
Autre alternative : les Pensions de Famille, souvent en gamme intermédiaire, comme Chez Nono sur la plage de Matira. Là aussi, examinez la localisation, le type d’hébergement (salle de bain privée ou partagée), les formules (B&B, demi-pension) et, toujours, les avis. Le site de Tahiti Tourisme recense une sélection de pensions, avec brochure téléchargeable et coordonnées. Enfin, l’exploration de la côte via Google Maps peut vous aider à repérer des adresses à contacter directement.
Voyage à Bora Bora : de la carte au cœur battant de la culture polynésienne
Situer Bora Bora sur une carte, c’est localiser un point minuscule perdu dans l’immensité du Pacifique. Mais réduire l’île à une simple coordonnée géographique reviendrait à passer à côté de l’essentiel : son identité vibrante, modelée par des siècles de traditions, de récits oraux et de gestes transmis de génération en génération. Une fois l’émerveillement géologique digéré, une autre dimension s’ouvre au voyageur curieux, celle d’un peuple et de ses rites.
Loin des clichés figés sur papier glacé, voyager à Bora Bora pour découvrir la culture locale revient à aller à la rencontre d’un patrimoine vivant, où chaque élément du décor raconte une histoire. Du tressage d’un panier en feuilles de cocotier au rythme lent du ukulélé sous le faré, de nombreuses expériences vous permettent de vous immerger pleinement dans la vie locale et de vivre un séjour inoubliable à Bora Bora.
Traditions vivantes et trésors cachés, l’autre visage de Bora Bora
Derrière le lagon turquoise et les pilotis de Matira, s’anime un monde discret, mais fascinant. Pour l’apercevoir, direction Vaitape, le village principal, où l’on croise aussi bien des tisseuses de paréos que des sculpteurs de tiki en bois de tamanu. Chaque marché, chaque chant traditionnel et chaque tatouage polynésien portent en eux une parcelle de mémoire collective.
Prenez par exemple le temps d’assister à un spectacle de Ori Tahiti, explorez le marae Fare-Opu, observez les danses qui rejouent les légendes des dieux et des ancêtres. Et si vous avez l’oreille attentive, vous entendrez dans les voix des anciens la transmission d’un savoir précieux, entre spiritualité et observation fine de la nature.
Retenez enfin qu’un voyage culturel à Bora Bora n’a rien d’un détour. Il s’agit d’une porte ouverte sur des savoir-faire, des croyances, une façon d’habiter le monde autrement. Pour vivre cette immersion sans improviser, appuyez-vous sur des experts du territoire, capables de vous orienter vers les bonnes rencontres et les initiatives locales qui donnent du sens au séjour.











